Poésie Sonore Internationale (1979)




  1. Michel Seuphor
  2. François Dufrène
  3. Bernard Heidsieck
  4. Henri Chopin
  5. Paul de Vree
  6. Ladislav Novak
  7. Brion Gysin
  8. Franz Mon
  9. Gerhard Ruhm
  10. Ernst Jandl
  11. Arrigo Lora Totino
  12. John Giorno
  13. Sten Hanson

POÉSIE SONORE INTERNATIONALE - Henri Chopin
ed. Jean Michel Place, France 1979
book+cassette

Cassette accompanying the Henri Chopin book (1979)

(AN INTRODUCTORY TEXT FOR HENRI CHOPIN'S BOOK ON « Poésie Sonore»)
Considering sound poetry, where words may lose their so-called meaning or new words be created at random, the question arises as to what line can be drawn between music and poetry, with specific reference to the music of composers like John Cage who construct symphonies from juxtaposed sounds. The answer is that there is no such line. The lines separating music and poetry, writing and painting, are purely arbitrary, and sound poetry is precisely designed to break down these categories and to free poetry from the printed page without dogmatically ruling out the convenience of the printed page.

Consider what is now a sound poetry classic: I AM THAT I AM, by BrionGysin. This poem is constructed entirely from the human voice and one phrase-speeded up, slowed down, overlaid, put through an echo chamber. This could only have been done by skilled technicians with access to elaborate sound equipment. Listening to the poem, the original words are not always discernible, and new words can be scanned out of the sound track. This spontaneous creation of new words and sounds characterizes sound poetry as exemplified by the work of Henri Chopin, Bernard Heidsieck, and other poets of the domaine poétique (1). The process could be carried further with visual images - permutated, overlaid, speeded up, slowed down, run backwards - which would create new images to accompany the sound track. The technical perfection and availability of the hologram would add still another dimension, whereby the images could step off the page in 3 D.

By using ever-expanding technical facilities, sound poetry can create effects that have never been produced before, thus opening a new frontier for poets.
-- William Burroughs


En considérant la poésie sonore, où les mots perdent leur prétendu sens, tout en créant de nouveaux mots au hasard, la question est ouverte de savoir quelle démarcation établir entre musique et poésie, avec une référence spécifique à des compositeurs comme John Cage qui construisent des symphonies à partir des sons juxtaposés. La réponse est qu'il n'y a pas de démarcation. Les démarcations qui séparent la musique de la poésie sont entièrement arbitraires, et la poésie sonore est exactement conçue dans le but de briser ces catégories, afin de libérer la poésie de la page imprimée, sans, de façon dogmatique, éliminer la commodité de la page imprimée.

Voyons maintenant un classique de la poésie sonore: I AM THAT I AM, de Brion Gysin. Ce poème est entièrement fait par la voix humaine, et à partir d'une phrase, accélérée, ralentie, avec surimpression, l'ensemble dans une chambre d'écho. On n'aurait pu faire ceci qu'avec des techniciens expérimentés, qui avaient accès à des appareils sonores recherchés. Quand on écoute le poème; on ne reconnaît pas toujours les mots du départ, de même que par suite, on explore de nouveaux mots dans ladite poésie sonore.

Cette création spontanée de mots et de sons nouveaux caractérise la poésie sonore, ouverte dans les oeuvres d'Henri Chopin, de Bernard Heidsieck, et par d'autres poètes du Domaine Poétique W.

On pourrait étendre le processus avec des images visuelles permutées, superposées, accélérées, ralenties, en récurrence -images visuelles qui créeraient de nouvelles images accompagnant la piste sonore. La perfection technique et la disponibilité de l'olographie ajouterait une dimension supplémentaire, par laquelle les images pourraient éclater de la page en 3 dimensions.

En utilisant les facilités techniques qui s'étendent de plus en plus, la poésie sonore sait créer des effets qui jamais n'ont été produits auparavant, ouvrant ainsi une frontière nouvelle aux poètes.
--
W. Burroughs

Traduction: Jean Chopin