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Samuel Beckett (1906-1989) Full Albums Performed by Donald Davis, Directed by Alan Schenider, Originally produced by THEATER 1960 and Harry Joe Brown, Jr. at the Provincetown Playhouse From the LP "Krapp's Last Tape" (Spoken Arts, ST 788) Performed by Theater for Your Mother, 1979 Performed by Raymond Federman, Barry McGovern and Natasha Parry. Music by Uwe Dierksen Various Tracks Text for Nothing #8 (1958) From Aspen no. 5+6 Read by Jack MacGowan 12 mins. 45 secs. Solo (French Version) Performed by David Warrilow A Piece of Monologue (English Version) Performed by David Warrilow Askglöd (Embers - Swedish version) (1998) Askglöd av Samuel Beckett. Övers: Magnus Hedlund. Med: Sven Lindberg, Marika Lindström, Rolf Skoglund, Maria Bonnevier. Regi: Karl Dunér. Radioteatern hyllar hundraårsjubilaren Beckett (född långfredagen 1906) med Askglöd (Embers), skriven för radio och uruppförd 1959. Den gamle Henry går längs havet och uppslöks av minnen. Han pratar och babblar i sin ensamhet och får sällskap av sina närmastes röster som påminner honom om hans livs tillkortakommanden. ”Ett fiasko, det är vad du är, ett fiasko!” Cette Fois, Introduction (9'44") Cette Fois, Presentation (51'54") En direct et en public du studio 106 à la Maiosn de Radio France Le 8 juin 1947 Beckett imagine à Paris une pièce en anglais qu'il appelle Cette fois dont il dira plus tard que c'est le "frère de Pas moi". Il revient à son idée de tête se détachant sur l'obscurité (la tête entière, pas simplement la bouche), celle d'un Vieillard (assis) dans le noir. De face, un peu décentré. Lumière faible sur le seul visage. Cheveux blancs longs, très blancs, dressés droit". En marge, cette question : 'Tète sur un oreiller blanc ?" Ici encore cette image lui aura probablement été inspirée par l'œuvre d'un artiste. II s'agit peut-être de William Blake et de ses gravures de Job ou de Dieu le Père. L'image de Man Ray Femme aux longs cheveux (une photographie de 1929 aujourd'hui au Muséum of Modem Art de New York) présage en quelque sorte l'effet qu'obtient Beckett en étalant la longue chevelure de son personnage en éventail au-dessus de la tête. A l'image saisissante et unique de cette tête de vieillard répond un texte en trois parties énoncé par la même voix, mais émanant de trois sources différentes successivement placées à la gauche, à la droite et au-dessus du personnage. Les mouvements sont ramenés à presque rien : le vieil homme n'ouvre pas la bouche, il lève et baisse simplement les paupières à quatre reprises. A la fin, ses lèvres s'étirent sur un sourire énigmatique, "édenté de préférence". Si cette apparition statique ressemble à un masque mortuaire (même abstraction faite de l'oreiller blanc), la structure en triptyque du récitatif, que le spectateur perçoit comme trois séquences distinctes mais liées les unes aux autres, révèle l'inextinguible intérêt de Beckett pour la composition musicale. Il a de tout temps été fasciné par les possibilités de permuter entre eux des textes et des thèmes différents, tout en fixant formellement la place et le temps des silences, assez semblables à ceux qui ponctuent les mouvements d'une sonate. Dans "Cette fois", les récits que dévident A, B et C devaient au départ correspondre grosso modo à trois niveaux de réalité (factuel, psychique et affectif), mais très vite ils se transforment en trois histoires portant chacune sur une période de la vie d'un homme : "L'histoire de B porte sur le jeune homme, l'histoire de C est celle du vieillard, l'histoire de A celle de l'homme d'âge mûr", explique-t-il. La pièce abonde en réminiscences autobiographiques, plus nombreuses encore dans les versions préparatoires. Si rien n'autorise à confondre Beckett avec son personnage, ils se rapprochent sur plus d'un point. A essaie de se souvenir de l'endroit où il se cachait enfant avec une absence de nostalgie qui débouche sur une solitude plus grande encore ; les vœux d'amour et d'union idéalisée que prononce B trouvent leur aboutissement dans l'acceptation solitaire du vide, "vaste suaire venu t'ensevelir" ; quant aux souvenirs du vieil homme ressassés par C, ils s'achèvent dans la poussière de la "mort poussiéreuse" de Macbeth. Il plane sur toute la pièce l'ombre de la méditation que Beckett poursuit depuis si longtemps sur les pouvoirs du 'Temps, ce cancer". Le temps ne se contente pas de déformer ("ce n'est pas seulement qu'hier nous a un peu plus épuisés, nous sommes différents", a-t-il écrit dans l'essai sur Proust), il balaie l'être humain dans un flux qui rend le passé lointain, incertain, illusoire, même, et à son aune la vie individuelle prend des allures de perturbation fugace venue passagèrement troubler un monde d'immobilité, de silence, d'indifférence, ridule vite effacée sur la surface de l'infinité. C'est en ce sens, autrement plus profond, que la pièce se nourrit de la vie de Beckett: l'écrivain de soixante-huit ans se retourne sur son passé pour contempler les humeurs et les phases qu'il a traversées. Beckett a bien conscience d'être arrivé comme avec Pas moi à une pièce "à l'extrême limite de ce qui est possible au théâtre ». Il note quelque part : "A l'objection que la composante visuelle est trop petite, hors de proportion avec l'auditive, réponse : la réduire encore en vertu du principe que qui peut le moins peut le plus." A nouveau, il tiendra à participer à la toute première création afin d'essayer de régler au mieux les problèmes qui ne manqueront pas de se poser. Extraits de « Beckett » de James Knowlson, éditions Actes Sud Avec : Jean Bollery Réalisation : Myron Meerson RELATED RESOURCES: UbuWeb Sound | UbuWeb PennSound | GreyLodge | Artmob | EPC | WFMU |